Conférence sur l’émancipation des Femmes.

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Il allait être quinze heures passées de quinze minutes.

Ecrits bien gros sur un paper board, sept noms de personnages connus attendaient que le quart d’heure ardéchois se termine et que les choses sérieuses commencent. On croit se souvenir qu’il n’y avait là que du beau monde : George Sand, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, Sacha Guitry et trois autres personnalités qui voudront bien nous excuser de les avoir déjà un peu oubliées.

 

Dans un premier temps, Marianne Pillot nous proposa de trouver, parmi les noms exposés sur le tableau, quel était celui de l’auteur du texte qu’elle nous lisait. Ces textes parlaient, voyez comme c’était bien pensé, de la condition de la Femme et de l’idée que s’en faisait l’auteur. Il y avait souvent de quoi être bousculé, par exemple en rencontrant un proverbe marocain plutôt brutal qui dit « Sois un homme comme ta mère ».

 

A ce premier jeu, nous dirons que la grande majorité des trente-cinq participants s’en sortit avec les honneurs.

 

 

Vint un deuxième jeu, pas très différent, quoique. Deux chapeaux nous furent présentés : l’un contenait quatorze portraits littéraires de femmes célèbres pour avoir fait progresser l’émancipation de « l’imbecillitas sexus », l’autre contenait les noms de ces illustres dames. Vingt- huit volontaires tirèrent, à l’aveugle, un petit bout de papier : qui dans le chapeau noir, qui dans le chapeau beige (vous suivez ?). Une fois que les chapeaux furent vides, le jeu put commencer. Celle ou celui qui avait tiré un portrait le lisait à haute et intelligible voix à l’assemblée qui se mettait immédiatement à chercher de quelle femme il était question. Pas facile. Celle ou celui qui croyait avoir la réponse sur son petit bout de papier osait parfois le dire bien haut, histoire d’aider les petites copines et petits copains en plein désarroi : fallait avoir le goût du risque et les échecs étaient nombreux. Comme récompense, à chaque fois qu’on avait résolu l’énigme, on avait droit à la photo de l’héroïne sur l’écran. Que du bonheur. Ainsi reconnut-on ou fit-on la connaissance, entre autres, d’Olympe de Gouges, de Louise Michel, d’Irène Joliot -Curie, de Sylvie Fofana, de la Kalina, de madame Sawtche (surnommée la Vénus hottentote) à qui on décernerait volontiers le prix de la vie la plus horrible.

 

Vint ensuite un moment moins ludique Marianne Pillot, abandonnant son micro d’animatrice, se saisit de celui de conférencière pour nous parler de façon savante de la place faite à la Femme depuis la nuit (l’obscurantisme) des temps. La Femme restée des siècles durant (et encore parfois aujourd’hui) sous le joug de l’Homme. La Femme romaine, et encore sous la Restauration, considérée comme un objet, un bien du paterfamilias, se libérant de l’autorité du père pour subir celle de son mari. Il fut entendu que « s’émanciper c’est se libérer de l’autorité du père ». La Femme considérée comme un être inférieur, dangereux, incapable juridique. La Femme qui peine à se voir accorder une juste place tant dans le code civil que dans le code constitutionnel. La Femme qui n’en n’a pas fini de voir ses droits remis en cause, parfois bafoués, sans réelle possibilité de recours en cas de non observation de la loi. Le législateur a la fâcheuse tendance à manquer souvent de volontarisme. Pas terriblement réjouissante cette lutte jamais totalement gagnée pour l’égalité (à ne pas confondre avec la parité). On pense ici, par exemple, à l’inégalité des salaires toujours d’actualité.

Et voilà qu’Il allait être dix-sept heures passées de trente minutes quand le temps vint de plier boutique.

En conclusion il fut dit que l’avancée des droits de la Femme est fragile et qu’il convient de rester vigilants. On se sépara donc toutes et tous convaincus que si la séance devait se terminer, le combat, lui, devait continuer.

BM

 

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BAROLLE Jean-Pierre 17/03/2017 08:22

Pour "la journée de la femme" ...comme d'hab il y a eu beaucoup de blabla dans les médias, pour ma part je me permets de vous recommander, ...WE WANT SEX EQUALITY....un super film qui retrace l'histoire vraie des ouvrières de l'usine FORD en Angleterre qui luttent pour l'égalité salariale !!..tout est dit dans ce film..... et en particulier il y a ce "parfum" des années 60/70 où il y avait de la joie de vivre de l'insouciance de l'humour (so British) et surtout de la dignité...bref de quoi être nostalgique !!
BISES à toutes LES FEMMES!!!
https://www.youtube.com/watch?v=h-OggnGYzV8